EIDÔLON FESTIVAL

Édito du président du jury


"Qu’allons nous faire dans ces salles noires ?
Etre ensemble. Etre silencieux, en retrait du monde, regarder les mêmes images, jouir de nos yeux et nos oreilles, essayer de comprendre ce que nous regardons, ce que nous entendons. Etre un peu garant de l’histoire du cinéma, relier ces images et ces sons au monde.

Spectateurs ? Philosophes ? Cinéastes ? Jury ? Serons nous capables d’être voyeurs ?
Nos pensées vont-elles s’animer, se confronter, se rebeller ?
Soyons ouverts, libres et vivants face aux propositions de cinéma qui nous regardent."

Christophe Loizillon, mars 2016

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Depuis sa création en 2011, le Festival International philosophique du film offre un lieu et un temps où se croisent philosophes et cinéphiles. Depuis Platon jusqu'à Deleuze, l'image n'a cessé de questionner la philosophie. À l'heure de la révolution 2.0, plus que jamais la civilisation de l'écrit éprouve le besoin de penser la civilisation de l'image, cette étape transitionnelle vers un avenir qui hante autant qu'il fascine. L'Eidôlon Festival se veut un lieu de diffusion de films ayant une épaisseur philosophique et donc de réflexion sur ce cinéma. Un creuset commun où les faiseurs d'images qu'ils soient amateurs ou professionnels, sont invités à nous apprendre à, non pas seulement voir, mais à regarder.

Le Festival propose 25 court-métrages soumis au vote d'un jury d'enseignants et de cinéastes et à un vote du public. Être dans ce que Nietzsche appelait « le gai savoir », celui d'une pensée en mouvement et non dans le consumérisme scolaire, la « passion triste » des exercices sur commande. Être dans la puissance d'une pensée créatrice de dimension européenne. « A l'inverse de ceux qui, à force de demander à la philosophie d'être accessible alors qu'elle l'est déjà, en interdisant l'accès autrement que par la porte de service, l'enjeu, ici, n'est pas de descendre jusqu'au monde en simulant l'intérêt qu'on lui trouve, mais de partir de lui comme d'une matière première ». Reprenant à notre compte ce mot de Raphael Enthoven, nous présenterons les films pour leur faculté à questionner, à instiller ce « chaos en nous » dont parle Nietzsche. Cette propension qu'a le corps à enfanter l'esprit, le corps de l'image, celui de l'acteur, celui du spectateur. À donner à penser. Le meilleur film sera récompensé par un Zarathoustra, trophée d'honneur.